Je les laisse sur le quais de la gare, voie 4 train de 10h19, voiture 16 vers Marne la Vallée, Chessy..
Des larmes s'écrasent sur ma veste peut être parce que la dernière fois c'était il y a longtemps, j'ai peur que le temps joue avec moi comme ci la séparation était simple. Ils ont imprégné les pièces, les lits, avec leurs voix, douce musique, leurs rires, leurs cris, leurs mots.. Quand le train démarre, on a beau jouer les sereins, hurler ou sourire.. ca fait toujours aussi mal. C'est ce même putain de sentiment de vide, gros vide au fond du coeur qui s'installe, pour quelques heures. Je suis seule à sortir m'en griller une sur le béton, contre les grilles. Je ne vois plus défiler les visages la tête en arrière, dans le tramway, adossée au torse de Paul. A ressasser les ronds dans l'eau du jardin public, les roues dans le sable. Seule, sans protection, sans couverture, sans armure. Je repense à nos jours, j'essaie de m'adapter mais à côté de vous, rien ne me satisfait ici...Je souris, fais bonne figure, mais mon coeur est déjà tres loin. Les souvenirs me remontent à la geule, les murs transpirent les souvenirs.. Et même si le goût du miel et la présence qui m'est vitale me manquent, la distance n'est que poussière, les vies de ceux qui s'accrochent et s'aiment sont entrelacés par des chaînes inébranlables.
Et comme je vous aime, il n'y a pas de point final.